Saint Stanislas de Jésus et Marie Papczyński
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La Règle de vie

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Introduction À La Règle de vie

L’importance de La Règle de vie réside dans le fait que Stanislas Papczynski (1631–1701) y consigne les idées directrices et éléments constitutifs de l’Institut qu’il a fondé. Il s’agit également de la principale source de renseignements pouvant nous révéler quels étaient les éléments essentiels de sa vie spirituelle au moment de la rédaction de ce document – éléments déterminants dans la croissance et le développement de sa vie intérieure de 1673 jusqu’à son décès.

Première édition

Nous ne pouvons qu’estimer à quel moment Stanislas a préparé la première ébauche de La Règle de vie. Ce n’est qu’après avoir quitté les Piaristes (le 11 décembre 1670) qu’il s’est proposé de fonder la Société de l’Immaculée Conception; et ce n’est qu’après 1671 qu’il a pu formuler le concept même de cette société. Il est donc plausible que ce n’est qu’au cours de l’année 1672 – alors qu’il se trouvait à la cour de Karski – qu’il a pu consigner sa pensée sur papier: la première ébauche de La Règle de vie.

Si tel est le cas, il aurait présenté son texte à Stanislas Krajewski, premier candidat à l’institut, au cours du mois d’octobre 1672.

Modifications à La Règle

Il semblerait que cette "loi" de Stanislas (que l'on ne jugeait pas "trop rigide") n'était pas observée à la fondation Korabiew. C'est pourquoi, un an plus tard, Stanislas a été contraint de rendre la première formulation de La Règle de vie "conforme" aux dispositions de l'Évêque Swiecicki à l'intention des Ermites Mariens de Korabiew – modifications qui ont conféré à La Règle une nouvelle saveur érémitique.

Malgré ces modifications, dès 1677 (et la fondation d'une maison Marienne au Cénacle de Nouveau Jérusalem), seuls les Mariens de Korabiew avaient l'obligation d'observer des règles érémitiques strictes. Lorsque La Règle fut publiée en 1687, Stanislas y avait déjà introduit la permission d'assister les paroisses (ch. 1, n. 3), de nouvelles déclarations papales en matière de vie communautaire (ch. 6, n. 1) ainsi que des directives précises destinées aux Mariens (ch. 7, n. 8). Il est vrai que La Règle reflète très peu l'orientation fondamentale des Mariens vers une vie apostolique à l'extérieur des monastères.

Pourquoi? Il semblerait que cela s'explique par la situation légale du nouvel institut des Mariens: il était à peu près impossible d'obtenir l'approbation apostolique. C'est pourquoi les Mariens ont été fondés sous le statut d'ermites – un statut déjà approuvé par l'Église – ce qui s'avérait l'unique expédient légal pour créer un nouvel institut sans obtenir l'approbation du pape mais uniquement celle de l'évêque local. En d'autres termes, cela permettrait aux Mariens d'exister – sous le statut d'ermites.

Durant la période 1687–1698, il a fallu de nouveau insister sur le fait que les Mariens étaient des ermites et qu'ils étaient par le fait même dispensés d'approbation pontificale afin de contrer les attaques des détracteurs de l'Institut. Telle était la portée des arguments contenus dans la "Préface" rédigée par Stanislas en 1697 alors qu'il préparait le texte de La Règle de vie – corrigé en 1694 par le Cardinal Colloredo – en vue de sa publication. La présente traduction ne contient que des extraits de cette "Préface"; les considérations générales d'ordre légal ont été omises.

La Règle de vie de 1698 fut la dernière édition à paraître du vivant de Stanislas et c'est le texte de cette édition latine qui a fait l'objet de la présente traduction [*].

Sources

En rédigeant la "Préface", Stanislas s'est inspiré de divers ouvrages de canonistes-théologiens contemporains. Pour la rédaction de La Règle de vie, il a puisé à d'autres sources, nommément les Écritures et les décrets et constitutions papaux. A vingt reprises, il cite la Parole de Dieu, surtout le Nouveau Testament – sous forme de citations ou de paraphrases – pour expliquer la loi et les normes ascétiques prescrites aux Mariens. Ainsi, la Règle revêt un caractère nettement évangélique.

Parmi les documents papaux cités dans La Règle de vie, on note les décrets de Clément VIII "pour la réforme des religieux": Nullus omnino, du 25 juillet 1599; et sa Constitution, Cum ad Regularum, du 13 mars 1603.

La Règle de vie est sans doute grandement redevable à la Constitution Piariste, en particulier au texte original de saint Joseph Calasanz. Il est relativement aisé de déceler dans La Règle certains traits typiquement piaristes; ces éléments ont toutefois été adaptés au caractère distinctif de la communauté Marienne. On doit également noter que certains éléments d'inspiration piariste – contenus dans La Règle de 1687 – ont été ultérieurement abandonnés ou modifiés.

Outre les Écritures, les documents de Clément VIII et la Constitution Piariste – il est difficile d'identifier quelles seraient les autres sources. C'est sans doute parce que La Règle de vie repose tout simplement sur les traditions de l'Église quant à un certain nombre de préceptes communs à tous les instituts religieux.

Texte original en latin: Servi Dei Stanislai a Iesu Maria Papczynski: Positio. Rome: 1977, Congrégation pour les causes des saints, Office Historique, p. 459 ff.


[*] Référence à l'édition anglaise